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Tawwuri · Journal de la créatrice

Tatouages amazighes : symboles, significations et histoire

5 mars 2026 · 2 min de lecture

Tatouages amazighes : symboles, significations et histoire

Des traits bleu-vert sur le menton, un petit motif entre les sourcils, des points sur les joues, des lignes sur le dos des mains. Beaucoup de familles d'Afrique du Nord et de la diaspora ont vu ces marques sur le visage d'une grand-mère ou d'une arrière-grand-mère. Peu de femmes les portent encore, et le sens de nombreux motifs s'est perdu avec elles.

Motifs de tatouages amazighs traditionnels

Ce que racontent les femmes des Aurès

En 2012, la journaliste Yasmin Bendaas a rencontré des femmes chaouies dans les Aurès, à El-Madher, Chemora et M'lila, pour un reportage soutenu par le Pulitzer Center. Elles avaient entre 70 et 90 ans. Elles avaient été tatouées dans les années 1930 et 1940, souvent enfants : Masouda Ibrahimi l'avait été à cinq ans.

Pour ces femmes, le tatouage du visage était d'abord une marque de beauté. L'une d'elles dit : « une femme sans tatouages n'est pas une femme ». Les tatouages du corps étaient liés à la fécondité, à la santé des enfants, au soin. Une femme nommée Yamina raconte un tatouage fait contre une douleur, à une époque où il n'y avait pas de médecin.

Qui tatouait

Dans les Aurès, les tatouages étaient faits par des tatoueuses itinérantes, appelées adasiya, qui passaient de village en village.

Pourquoi la pratique s'est arrêtée

Les femmes interrogées citent d'abord l'interdit religieux : dans leur compréhension de l'islam, le tatouage n'était pas permis. La disparition des tatoueuses itinérantes a aussi joué. Selon le reportage, la tradition déclinait déjà avant la naissance de ces femmes, et le sens de beaucoup de symboles était déjà oublié quand elles ont été tatouées.

Ailleurs, l'exode vers les villes, l'école et l'émigration ont changé la vie des familles. Les filles des villes n'ont plus été tatouées.

Lire un motif

Les tatouages amazighs sont faits de formes géométriques : traits, points, chevrons, losanges. On en retrouve de proches sur les tapis, les poteries et les broderies.

Aucun dictionnaire ne fixe leur sens. Un même motif change de signification d'une région à l'autre, d'un village à l'autre, et selon sa place sur le visage ou sur la main. Une phrase du type « ce symbole signifie… » mérite toujours une question en retour : où, et selon qui ?

Motifs géométriques amazighs : traits, points, losanges

Recueillir ce qui reste

  • Demander à une grand-mère, une tante, une voisine : qui l'a tatouée, à quel âge, dans quel village, et ce qu'on lui a dit du motif.
  • Noter son nom, le nom du village et la date, à côté de la réponse.
  • Photographier les tatouages seulement avec son accord.
  • Garder sa réponse telle qu'elle est dite, même quand elle diffère de ce qu'on lit ailleurs.

Dans la Maison

Les motifs cuivrés des tubes Amessar reprennent ces formes géométriques : des traits, des losanges, des chevrons. Chaque création porte aussi un nom en tamazight.

Tube AJDIR de Maison Amessar, motifs inspirés des tatouages amazighs

Maison Amessar

Trois thés et deux infusions, chacun nommé en tamazight.

Voir les créationsL'histoire de la Maison

Sources

  • Yasmin Bendaas, « The Story of Algeria's Traditional Tattoos », Pulitzer Center, 26 juillet 2013, projet « Between the Lines: Facial Tattoos and the Chaouia ».

Mériama, fondatrice de Maison Amessar

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